Quand Erasmus+ rencontre la COVID (1/2)

Depuis sa création, Erasmus a été l’un des programmes les plus réussis de l’UE. Au cours des trois dernières décennies, plus de 10 millions d’individus ont participé à ce qui, pour beaucoup d’entre eux, s’est avéré être une expérience qui a changé leur vie.
2020, l’une des années les plus dramatiques dans l’Histoire récente européenne, a été marquée par des bouleversements sociaux, des annulations massives d’événements, un confinement mondial et, semble-t-il, la plus grande récession économique depuis la Grande Dépression. La pandémie mondiale COVID-19 a eu des répercussions négatives sur les activités en cours ou prévues dans toutes sortes de secteurs.

Dans cet article, nous allons vous apporter les témoignages de différentes expériences Erasmus+ pendant la pandémie Covid-19. Les personnes qui l’ont vécu viennent de différents pays, elles ont participé à différents types d’activités Erasmus+, dans différents pays. La seule chose qu’elles ont en commun est qu’au moment de leur expérience Erasmus+, la “vie normale” était déjà loin et la distanciation sociale est devenue notre nouveau mode de vie.

Nous avons interviewé Victoria, 25 ans, citoyenne autrichienne, qui a débuté en février 2020 une mobilité étudiante en Italie.

Ivana: À quoi votre expérience Erasmus+ a ressemblé ?

Victoria: Au début de la pandémie, je n’avais pas vraiment conscience de ce qui allait se passer, je venais d’arriver en Italie ; tout semblait normal, je m’attendais à des changements importants mais, pour être honnête, je n’avais pas réalisé à ce moment l’impact sévère et les conséquences bouleversante qu’aura la Covid plus tard.

Ivana: Quand la situation a-t-elle commencé à se perturber ?

Victoria: Au début, peu d’événements ont été annulés pendant la semaine d’accueil. À ce moment-là, après que l’université ait annoncé qu’elle allait fermer, j’espérais que ce ne serait que temporaire. Avant de pouvoir réaliser ce qui se passait, j’étais déjà en train de faire mes valises pour rentrer en Autriche. Le gouvernement autrichien a appelé d’urgence tous ses citoyens étudiant à l’étranger à revenir et mon université autrichienne m’a contrainte à faire mes adieux aux autres étudiants avec qui je venais d’établir de nouvelles relations amicales.

Ivana: Quelle a été votre première réaction, comment vous êtes-vous sentie ?

Victoria: Je me suis sentie détruite, je ne voulais pas rentrer chez moi après seulement 3 semaines de séjour en Italie, mais je savais que c’était la meilleure chose à faire. Ma famille voulait que je revienne aussi, de plus en plus de gens rentraient chaque jour dans leur pays d’origine. La situation était aussi triste pour ceux qui partaient que pour ceux qui restaient. Je ne voudrais pas que cela arrive à quelqu’un. Je pense que les jeunes adultes sont les plus touchés par la crise, arrachés à leur vie quotidienne. Beaucoup de jeunes souffrent de dépression et avec la Covid, la crise n’a fait qu’aggraver ce phénomène.

Ivana: Comment pensez-vous que cela vous a marqué ?

Victoria: Ça m’a fait beaucoup réfléchir. Cela m’a ouvert les yeux sur le fait que dans un monde de consommation où tout est accessible, nous avons commencé à remarquer que le plus important, ce sont les gens qui nous entourent, les gens avec qui nous aimons traîner.
Tout le monde a compris que nous avions besoin de beaucoup moins que ce que nous pensions. Le simple fait de voir deux personnes se faire un câlin à la télévision m’a fait prendre conscience de cela.

Paola, est une étudiante croate de 22 ans qui a effectué un stage Erasmus+ de juillet à septembre à Tenerife, en Espagne.

Ivana: Au moment de ton départ, le monde était déjà confronté à la crise de la COVID, à quoi ressemblait-elle de ton point de vue?.

Paola: En mars, j’ai postulé pour un stage débutant en juillet. Jusqu’à mon départ, j’avais vraiment peur de ne pas pouvoir y aller. Chaque jour, je vérifiais les nouvelles mesures et restrictions. Bien que mes parents voulaient que je reste, j’ai finalement réussi à partir en juillet pour l’Espagne, lorsque le nombre de porteurs du virus était faible.

Ivana: Comment décririez-vous votre séjour Erasmus+ ?

Paola: Je suis content d’y être allé et de l’avoir fait, mais je regrette de n’avoir pas pu profiter pleinement de Tenerife. De nombreux bars, restaurants et attractions touristiques étaient fermés et on peut dire que ce n’était pas aussi vivant que d’habitude, même si les restrictions n’étaient pas sévèrement appliquées. Je dois admettre que je me considère chanceuse d’avoir pu profiter de ces trois mois.

Ivana: Pensez-vous que c’était une chose dangereuse à faire ? Le feriez-vous à nouveau ? 

Paola: Je pense vraiment que je le referais si j’étais dans la même situation. Dans quelques années, j’ai le sentiment qu’en réfléchissant à 2020, le monde aura déjà oublié la Covid (ou du moins essaiera), et pour moi, ce sera toujours une année remplie de beaux souvenirs et d’amitiés. C’est quelque chose dont je suis vraiment reconnaissante.

 La pandémie de COVID-19 a perturbé tous les aspects de notre vie. Même avant le début de la crise, l’intégration sociale et économique des jeunes était un défi permanent. Aujourd’hui, si des mesures urgentes ne sont pas prises, les jeunes risquent de subir des conséquences graves et durables.En ce sens, le plus beau message est peut-être venu de Sabine Verheyen (présidente de la commission parlementaire de la culture et de l’éducation) qui a déclaré 

 “Nous avons l’obligation morale de nous assurer que ceux qui ont souscrit à nos programmes (Erasmus+) reçoivent l’aide et le soutien dont ils ont besoin. La promo de 2020 a besoin de nous”.

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