Plusieurs raisons peuvent conduire des personnes au processus de radicalisation. C’est un processus long et beaucoup de facteurs entrent en jeu. Dans cet article, on vous présentera les différents modèles que les experts ont développés pour expliquer la radicalisation.

Ted Gurr : privation relative

L’auteur identifie dans la privation relative l’élément déclenchant le processus de radicalisation. Il définit la privation relative ainsi : «la tension qui se développe à partir d’un écart entre ce qui “devrait être” et ce qui “est”… pousse les hommes à la violence» (PDNU) 2015, p.4).

Figure 1: Ted Gurr, Privation Relative. Design propre. ResourcePNUD, Root causes of Radicalization in Europe and the Commonwealth of Independent States, july, 2015

Cette théorie rompt avec la théorie dominante selon laquelle la pauvreté et un environnement économique vulnérable sont les causes principales de la radicalisation. L’auteur soutient que les classes moyennes et les personnes instruites se sentent frustrées lorsque leurs attentes concernant l’avenir ne se réalisent pas.

Faible capacité de l’État

Selon le document du PNUD, du fait de la faiblesse ou de l’incapacité de certains États à garantir l’autorité sociale à l’intérieur de leurs frontières, il est plus facile que des groupes radicalisés apparaissent dans ces pays et cela peut mener la société à la radicalisation.

Rejet des besoins essentiels

Les besoins essentiels incluent des éléments matériels comme la nourriture ou l’eau mais aussi le sentiment identitaire et culturel – des concepts abstraits rattachés au sentiment d’appartenance. Les gouvernements sont donc responsables de garantir les droits de première génération qui incluent les besoins essentiels et les droits civiques et politiques et ils devraient prendre charge l’intégration des personnes pour éviter la radicalisation.

Selon Radicalisation Awareness Network, deux modèles distincts expliquent le processus de radicalisation :

C. McCauley et S. Moskalenko: modèle pyramidal

Figure 2: Modèle pyramidal. Source: RAN. Radicalisation Awareness Network: The root causes of Violent Extremism”, 04/01/2016

Les auteurs voient la victimisation, le grief politique, les liens de groupe et la socialisation comme des causes potentielles de la radicalisation. Dans l’ensemble, ils conçoivent le processus de la radicalisation comme “une trajectoire d’action et réaction pendant laquelle l’action de l’État joue souvent un rôle important ». Ils voient donc le changement des croyances comme le résultat plutôt que la cause de la radicalisation.

F. Moghaddam: modèle en escalier

Figure 3: Modèle en escalier. Source: RAN. Radicalisation Awareness Network: The root causes of Violent Extremism”, 04/01/2016

Moghaddam conçoit l’injustice perçue, l’absence d’options démocratiques pour lutter contre un traitement inéquitable et le déplacement d’agression comme des éléments qui précèdent mais ne mènent pas nécessairement à l’engagement moral avec un groupe et son idéologie. »

Comme vous pouvez le voir, la radicalisation peut se faire pour différentes raisons et s’expliquer de différentes manières. Ci-dessous vous trouverez une carte conceptuelle avec les causes principales qui peuvent mener à la radicalisation.

Figure 4: Raisons de la radicalisation. Design propre. ResourcePNUD, Root causes of Radicalization in Europe and the Commonwealth of Independent States, july, 2015

Bibliographie:

  • EUCPN. European Crime Prevention Monitor 2019/1: Radicalisation and violent extremism. Brussels: European Crime Prevention Network, 2019
  • PNUD, Root causes of Radicalization in Europe and the Commonwealth of Independent States, july, 2015
  • RAN. Radicalisation Awareness Network: The root causes of Violent Extremism”, 04/01/2016

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